LANGUES EN VOIE DE DISPARITION

LANGUES EN VOIE DE DISPARITION

Atlas UNESCO des langues en danger dans le monde

Couverture d´Atlas UNESCO des langues en danger dans le monde

L´Unesco estime que, si rien n’est fait, la moitié des quelques 6 000 langues parlées aujourd’hui disparaîtront d’ici la fin du siècle. Avec la disparition de langues non écrites et non documentées, l’humanité perdrait non seulement une richesse culturelle, mais aussi d’importantes connaissances ancestrales, contenues en particulier dans les langues indigènes. Toutefois, ce processus n’est ni inévitable ni irréversible: des politiques linguistiques correctement planifiées et mises en œuvre permettent de renforcer les
efforts effectués actuellement par les communautés de locuteurs pour maintenir ou revitaliser leurs langues maternelles et les transmettre aux générations les plus jeunes.
Voici le top 10 des choses qu’on doit savoir sur les langues en voie de disparition:
1. Depuis le début du 20e siècle, les langues minoritaires ont cédé face aux langues dominantes à un rythme accéléré et sans précédent: L’abandon des langues indigènes en faveur des langues étrangères se passe rapidement, et le processus est le résultat de la colonisation, de l’assimilation culturelle, de l’urbanisation et de la mondialisation.
2. Jusqu’à la moitié des 7105 langues du monde peut être à risque de disparition: Plusieurs milliers de langues connaissent actuellement un certain niveau de menace. Il est important de noter que non seulement beaucoup de langues individuelles sont en danger, mais des familles entières de langues sont également en voie d’extinction, ce qui est une perte incommensurable pour l’humanité.
3. Beaucoup de langues en voie de disparition n’ont jamais été enregistrées ni écrites: Il y a beaucoup de langues à travers le monde qui n’ont pas d’enregistrements audio. Avoir des enregistrements audio de haute qualité de mots et de phrases dans une langue est un outil essentiel pour une communauté. En outre, de nombreuses cultures ont transmis leur héritage à travers des traditions orales, sans l’utilisation de systèmes d’écriture pour la transmission des connaissances.
4. La disparition de langues se constate dans presque tous les pays du monde: Ça se passe près de chez vous. À l’exception des pays monolingues comme l’Uruguay (où de nombreuses langues autochtones ont été éradiquées), vous pouvez observer la perte des langues dans la plupart des pays dans le monde. Dans le cas de l’Europe, il y a aussi beaucoup de langues minoritaires locales dans diverses régions qui sont à risque d’être perdues.
5. Les langues minoritaires sont une partie importante du patrimoine culturel immatériel de l’humanité: Dans notre monde diversifié et multilingue, les langues sont une source de richesse culturelle. Intimement liées à la diversité écologique, ces diverses langues locales sont des réservoirs de taxonomies et des connaissances environnementales accumulées au fil des générations. L’extinction d’une langue peut aussi conduire à la disparition d’anciennes traditions spirituelles.
6. Les militants pour les langues autochtones et leurs alliés linguistiques professionnels peinent souvent dans l’obscurité, pour peu ou pas de salaire: Les militants pour les langues autochtones sont des locuteurs qui peuvent aider dans la conservation de leurs langues. Ils sont souvent sous-estimés par la communauté. Les alliés des spécialistes des langues sont généralement des chercheurs, des linguistes et autres travailleurs des médias ou des ONG qui utilisent leurs compétences et expérience pour aider les militants dans la conservation de leurs langues. Assurer le financement des projets de documentation linguistique est très difficile et peut être problématique, car il ne peut être garanti d’année en année.
7. La documentation sur les langues est un travail fastidieux, mais fascinant : Une documentation scientifique appropriée d’une langue nécessite des années pour sa réalisation.
8. Les programmes de revitalisation des langue sont des projets à long terme: Une véritable revitalisation n’est possible qu’avec un engagement à long terme de ses locuteurs, des éducateurs et des militants de cette langue au sein de la communauté.
9. Internet n’est pas en train de tuer les langues minoritaires: Il y a une fausse idée répandue qui présente Internet comme un monstre tentaculaire puissant de la mondialisation, contribuant à la disparition des langues minoritaires. Toutefois, c’est le contraire qui est vrai. Internet offre une opportunité sans précédent pour les voix minoritaires de se faire entendre, grâce aux médias citoyens.
10. La technologie numérique ne remplacera jamais une communauté vivante de locuteurs, mais elle peut aider à préserver et enseigner les langues, ainsi que les communications entre les locuteur: Les innovations dans la technologie audio et d’enregistrement vidéo aident à préserver les enregistrements; elles peuvent servir comme une aide à l’apprentissage et pour connecter des personnes à d’autres locuteurs de leur langue sans qu’ils vivent nécessairement dans le même endroit. Des applications, des réseaux sociaux, des blogs et des forums de langue sont un excellent outil pour faciliter et améliorer la communication, mais bien sûr, ils ne peuvent pas remplacer les locuteurs eux-mêmes.

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Mais quelles sont les langues les plus menacées dans le monde? question difficile , mais selon un article récent , ce serait certains d’entre eux :
1. Le Live (ou livonien): Officiellement parlé par 20 personnes en Livonie et Kurzeme (Lettonie), le live n’est utilisé que par quelques personnes âgées. Il n’existe pas de littérature écrite, ni de système éducatif capable de le diffuser et le maintenir en vie.
2. Le Koro: Langue tibéto-birmane parlée par environ 1000 personnes dans l’Est du district de Kameng, état d’Arunachal Pradesh (India), le Koro fut découvert en 2008 lors d’une expédition de National Geographic. Cette langue ne ressemble à aucune de ses voisines et est probablement originaire d’un groupe d’esclaves introduits dans la région. Le Koro est en danger de disparition car il ne reste plus beaucoup de jeunes de moins de 20 ans qui le parlent
3. Le Pukapukan: Cette langue parlée sur l’atoll de Pukapuka (Îles Cook, Océan Pacifique du Sud), l’un des endroits les plus reculés de la terre, n’a pas d’écriture. Actuellement parlé par environ 2.000 personnes.
4. Le Nganassane: Le Nganassane est une langue ouralienne parlée par environ 800 personnes au nord de la Russie, plus exactement dans la péninsule de Taïmyr (Siberia). Les générations plus âgées, qui ont grandi dans la toundra, parlent couramment cette langue, mais les jeunes nganassanes, habitués à vivre dans les villages, l’abandonnent de plus en plus au profit du russe.

Le territoire de la langue Nganassane

La péninsule de Taïmyr (en jaune),  le territoire de la langue Nganassane

5. Guugu – Yimithirr: Cette langue a l’incroyable particularité de ne pas avoir de mots pour dire « à droite », « à gauche », « devant » et « derrière ». Les directions sont exprimées par les mots Guugu Yimithirr se rapportant au sud, nord, est et ouest. Parlé par environ 700 personnes dans le nord de Queensland (Australia), cette langue a donné naissance au mot « kangourou ».
6. L’Okanagan: Fortement opprimée pendant la colonisation britannique, américaine puis canadienne au cours du XIXe siècle, la langue d’Okanagan est aujourd’hui parlée couramment par seulement 150 personnes, dont la plupart vivent en Colombie-Britannique (Canada).
7. Apinajé: Originaire d’une région comprise entre la confluence des fleuves Araguaia et Tocantins (Brésil) cette langue est parlée par environ 1.200 personnes. Jusqu’à la fin des années 70, tous les Apinajés se sont exprimés dans leur langue maternelle, et seuls les hommes adultes utilisaient le portugais pour les échanges commerciaux. Aujourd’hui, les parents apprennent encore la langue à leurs enfants qui sont monolingues jusqu’à l’âge de 7 ans. C’est alors qu’ils commencent à apprendre le portugais à l’école.
8. L’Arbërisht: Est une ancienne variante du tosque, un dialecte du sud de l’Albanie. Il est parlé aujourd’hui par entre 100 et 250.000 personnes de la communauté albanaise d’Italie. Cette langue présente un intérêt particulier, car elle a conservé la prononciation, la grammaire et le vocabulaire de l’Albanie pré-ottomane.
9. Le Same Skolt: Cette langue est parlée par environ 300 personnes de l’ethnie Skolt dans la municipalité d’Inari (Finlande) et dans la région russe de Petsamo. Sa phonétique est très compliquée, cependant son alphabet est latin avec ajout de quelques lettres. L’âge moyen des utilisateurs du Same Skolt est assez élevé: on estime que la plus jeune personne à le parler est âgée actuellement de plus de 30 ans.
10. L’ Ongota: Quasiment disparue, l’ongota est parlé par seulement six individus vivant dans le petit village de Weito River en Ethiopie. Son origine est probablement afro-asiatique, mais cela n’a jamais été prouvé. Certains experts sont en train d’étudier et de chercher la manière de la maintenir cette langue en vie.

l'alphabet de la langue Ongota

l’alphabet de la langue Ongota

Sources documentaires: UNESCOGlobal VoiceseDreams

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